La journée du patrimoine ou journée annuelle du pied de grue ; vous aviez prévu de faire deux heures de file devant l’Elysée ou le Palais Bourbon tout en vous plaignant rater le dernier Desplechin ? Il est encore temps de changer d’avis ; contrairement au magazine Le Point, à Sortie d’Usine, on pense que cinéphilie et patrimoine se conjuguent à merveille.  Le Grand Rex en est la parfaite démonstration en cela qu’il propose aujourd’hui une visite du cinéma ainsi que la découverte de son exposition “Les Etoiles du Rex”.

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Le Grand Rex, à première vue, c’est ce grand machin informe qui s’offre à nous à peine sortis du métro Bonne Nouvelle ; un bric-à-brac de films, concerts, spectacles… Mais avant tout un lieu  hanté par ces messieurs dames du cinéma ; les fourures des actrices se mêlent à celles des spectatrices, la foule murmure à l’approche de Jacques Haïk, producteur, distributeur et déjà propriétaire du cinéma de l’Olympia, qui a fait construire l’ensemble extravagant de ces salles atmosphériques aux plafonds étoilés. Nous sommes en 1932, le soir du 8 décembre, et c’est à l’occasion de l’ouverture du Grand Rex que tout ce monde est réuni sur les boulevards.

Jacques Haïk donc, mais aussi l’architecte Auguste Bluysen (passé maître dans l’Art Déco, puisqu’il est aussi, en 1925, l’architecte du Théâtre de la Michodière) et l’ingénieur John Eberson sont à l’origine de ce palais du cinéma. Modèle réduit du Radio City Music Hall de New York, le prestige de ses artistes invités fait qu’il n’a rien à envier à son cousin outre-Atlantique : le lieu se modernise au fil des années, toujours sous de bonnes étoiles. Le premier homme à avoir posé son pied sur l’escalier mécanique n’est autre que Gary Coopper en 1950.

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Pendant la guerre, le cinéma est réquisitionné par les Allemands qui s’en servent pour diffuser des films de propagande aux troupes permissionnaires du Reich. Dans un contrepied patriotique, après la Libération, les séances sont suspendues et le lieu, de par sa taille imposante, est transformé en centre d’accueil pour les prisonniers de guerre rapatriés. Mais Le Grand Rex ne tarde pas à regagner à la fois sa fonction originelle et son prestige puisqu’il reçoit (entre d’autres grands noms) Alfred Hitchcock et ses Oiseaux en 1963.

On en profite aujourd’hui pour visiter ce cinéma mythique, à la fois grande usine à rêves (une superficie de plus de 2000 mètres carrés et une capacité à accueillir 5000 spectateurs) et écrin à de nombreux chefs-d’oeuvres du septième art…

Images (c) www.justacote.com

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