La Cinémathèque française fait sa rentrée cette semaine. Le premier cycle de projections de l’automne est la rétrospective Michel Piccoli. Du 4 septembre au 4 octobre, soixante-deux films sélectionnés parmi ses plus de deux cent rôles au cinéma et à la télévision. La saison se poursuivra avec les cycles Bertolucci, Danny Kaye, Cocteau, Coen, Festival du Film maudit – Biarritz 1949, Pasolini : envisagez l’acquisition d’un Pass Libre auprès de la Cinémathèque, pour l’accès illimité aux projections.

Michel Piccoli est un acteur inévitable du second vingtième siècle, son regard enthousiaste et curieux, sa grande silhouette, sa voix claire et forte ont traversé le cinéma français et laissé leur trace dans les films de Marco Ferreri, Luis Buñuel, Manoel de Oliveira, Jacques Rivette, Claude Sautet, Agnès Varda, Raul Ruiz, Nanni Moretti, Leos Carax, Costa-Gavras, Jean-Luc Godard, Claude Chabrol… Né en 1925, il commence à jouer dans l’après-guerre. Sa carrière ne débute réellement qu’avec le rôle de Paul Javal que Godard lui donne pour Le Mépris en 1963, il joue pour le cinéma d’auteur, mais étend également sa contribution à la provocation outrageuse de La Grande Bouffe (1973). Il excelle dans les rôles de séducteur, auprès de Catherine Deneuve et Romy Schneider, de manipulateur sans vergogne, imposant ses désirs à tous ceux qui l’entourent ou au contraire de bourgeois entravé par les conventions, impuissant et hésitant. Il apporte une candeur et une spontanéité à ses personnages, toujours affectueux, émerveillé, avec le caractère obstiné mais aussi la jovialité et les grands yeux d’un enfant curieux. La sensibilité et la finesse avec laquelle Michel Piccoli peint les émotions, son sens du détail, la richesse des nuances qu’il sait donner à son jeu le distinguent comme un acteur “vrai”, incarnant avec simplicité l’ambiguité de la joie et de la douleur : élégant, fort, tantôt tendre, tantôt pervers, capricieux, humble, pris entre incertitude et retenue, il saisit la fragilité avec une grâce étonnante.

Parmi les films présentés dans le cycle, on vous conseille tout particulièrement :

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Le Mépris, Jean-Luc Godard, 1963. Un scénariste, Paul Javal, et son épouse Camille rejoignent Fritz Lang à Capri pour arranger une adaptation de l’Odyssée. Lorsque Paul la laisse auprès du producteur, Camille croit que c’est afin d’en obtenir les faveurs. “Le cinéma substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs” : la fausse citation d’André Bazin qui ouvre le film annonce le jeu de reflets et d’illusions qui caractérisent le désir, comme le désarroi amoureux et le cinéma. Dans la lumière de la Méditerranée, le silence et l’incompréhension se tressent pour faire naître colère, jalousie et douleur. Avec Le Mépris on est frappé par le jeu des acteurs, la finesse de l’entente entre Bardot et Godard, par la très émouvante musique de Georges Delerue et par l’aveuglante luminosité qui dissimule le drame. Avec Brigitte Bardot, Jack Palance, Fritz Lang. Dimanche 22 Septembre, 17h15. Mercredi 2 octobre, 17h00.

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Les Créatures, Agnès Varda, 1965. Un écrivain et son épouse s’installent à Noirmoutier, celle-ci a été rendue muette par un accident. L’activité secrète d’un ingénieur voisin rend momentanément les habitants de l’île menaçants et aggressifs. Une atmosphère onirique entoure les personnages et l’omnipotence imaginaire de l’écrivain se confond avec la réalité. Avec Catherine Deneuve, Lucien Bodard. Samedi 14 Septembre, 19h30.

La Grande Bouffe, 1973.

La Grande Bouffe, Marco Ferreri, 1973. Quatre amis décident de mettre fin à leurs vies ennuyeuses par une grande fête gastronomique dans une villa parisienne. La démesure barbare de leur repas morbide et gargantuesque, l’obscènité et le scatologique furent accueillis par les sifflets à Cannes, ce qui n’empêcha pas le film d’être reconnu pour son ironie cinglante et de devenir culte. Avec Marcello Mastroianni, Philippe Noiret, Ugo Tognazzi. Vendredi 20 septembre, 21h30.

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Vincent, François, Paul… et les autres, Claude Sautet, 1974. Trois bons amis affrontent chacun des difficultés sentimentales et se disputent, mais les ennuis d’argent et de santé de Vincent les conduisent à relativiser leurs problèmes. Claude Sautet souligne ici les deséquilibres de la société moderne et l’imperfection des relations d’amitié avec sensibilité, intelligence et précision. C’est un film touchant et tendre, idéalement soutenu par une distribution impressionnante. Avec Yves Montand, Serge Reggiani, Gérard Depardieu, Stéphane Audran. Samedi 7 septembre, 21h30.

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La Belle Noiseuse, Jacques Rivette, 1991. Un grand peintre vieillissant réalise, lorsque un jeune artiste et sa compagne lui rendent visite, qu’il a trouvé le modèle à son chef d’oeuvre depuis longtemps abandonné, le portrait d’un idéal féminin. Exploration du rapport de l’artiste à la création, ce tableau avance avec douceur au son du fusain, dans les regards et la passion de Piccoli, pour illustrer le combat entre le maître, le modèle et l’oeuvre. Réécriture du Chef d’Oeuvre inconnu de Balzac, le film reçut le Grand Prix du Jury à Cannes. Avec Emmanuelle Béart, Jane Birkin, et le peintre Bernard Dufour. Vendredi 6 septembre, 19h00.

Par ailleurs, le samedi 7 septembre 2013 à 14h30 la projection du film Une étrange affaire (Granier-Deferre), sera suivie d’un dialogue avec Michel Piccoli.

Cinémathèque française

51, rue de Bercy

Paris 12e

Métro Bercy Ligne 6 et 14.

Cycles à venir de la Cinémathèque :

  • Michel Piccoli du 4 septembre au 4 octobre
  • Bernardo Bertolucci du 11 septembre au 13 octobre
  • Danny Kaye le 18 septembre
  • Jean Cocteau du 2 octobre au 22 novembre
  • Joel et Ethan Coen du 2 au 27 octobre
  • Festival du Film Maudit – Biarritz 1949 du 2 octobre au 22 novembre
  • Pier Paolo Pasolini / Autour de Pasolini / Pasolini scénariste du 16 octobre au 2 décembre

-18 ans : 3 €/Tarif réduit : 5,5 €/Plein tarif : 6,5 €
Forfait Atout Prix : 4,5 €
Libre Pass : Accès libre (10€/mois)

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