En cette période de l’année, les networks américains ont fini leur bilan de l’année 2012-2013 afin de mieux préparer la prochaine saison. Qu’en ressort-il ? Quelles séries auront marqué la rédaction ? Quelles sont les grandes tendances? Quels sont les grands succès et les grands échecs de cette année ? A quoi s’attendre très prochainement?

Pour commencer, faisons un bilan des nouvelles séries qui nous ont marquées, en les classant par grands thèmes :

1)    LES SERIES POLITIQUES

Fortes du succès incomparable de Homeland, nombreuses sont les chaînes intéressées par les séries dites « politiques ». Présentes depuis toujours sur les ondes américaines et autres, ces dernières se retrouvent renforcées en séries-événements. En cette mi-saison, deux d’entre elles retiennent notre attention et avaient déjà été le sujet d’un article : The Americans, et House of Cards.

House of Cards : Netflix est une entreprise de location de films sur internet, une sorte de site de streaming légal (car payant), qui nous livre ici sa première production propre. Et quelle production ! House of Cards est le dernier bébé de David Fincher (Seven, Fight Club, Benjamin Button, Social Network), qui réalise même les deux premiers épisodes. La saison fut un cocktail explosif mené par Kevin Spacey (Seven, Usual Suspects, American Beauty). Francis Underwood (Kevin Spacey, donc) est un membre du Congrès, député Démocrate qui a permis l’élection du nouveau président, Garett Walker, en échange de la promesse d’un poste de Secrétaire d’Etat. Mais une fois élu, le président change d’avis, déclarant qu’il n’a plus besoin d’Underwood ni au Congrès, ni dans son gouvernement. A partir de là, Francis Underwood utilise tous les stratagèmes à sa disposition (corruption, double jeu avec la presse, manipulation) pour décrédibiliser Walker, ses opposants, et récupérer la place qui lui revient de droit.

Ambitieux, charismatique et sans scrupules, le personnage de Francis Underwood représente l’homme politique par excellence. Le jeu de Kevin Spacey est sublime, incroyablement juste, et entre ainsi parfaitement dans la peau de ce député plus qu’arriviste. Les courts moment d’intimité, où Underwood s’adresse face-caméra au spectateur dans un quasi-« tête-à-tête », pour nous expliquer ce qu’il vit ou ce qu’il ressent, rendent la série beaucoup plus vivante, créant une affection pour ce monstre politique que rien n’arrête. Illustration avec la toute première scène, qui peut aux premiers abords sembler sans intérêt, à l’image du personnage central : un chien se fait renverser, Underwood court voir ce qu’il se passe et nous dit calmement : « There are two kinds of pain. The sort of pain that makes you strong, and useless pain, the sort of pain that’s only suffering».  Puis, il relève la tête vers la caméra, fixe le spectateur et déclare solennellement «I have no patience for useless things » avant de tuer le chien. L’art de dresser un portrait. D’autres scènes méritent également qu’on s’y attarde : celle de présentation du plateau politique, génialement mise en scène et dont les dialogues sont forts, agrémentés d’un humour à l’image d’Underwood : sérieux mais noir. Le premier épisode permet une immersion des plus totales dans cet univers si particulier, le tout mêlé dans cet esthétisme typiquement Fincherien, réussissant très largement son pari. Si bien que deux jours après sa mise en disposition par le média, Canal + achetait l’intégralité de la première saison. Netflix, de par sa structure originale, a pris la décision de mettre l’intégralité de la saison en téléchargement direct. Au fil de la saison, la série se peaufine et se concentre sur des aspects surprenants, proposant toujours des éléments de surprise et autre cliffhangers. L’évolution des personnages est si bien traitée que l’on s’attache à eux comme on l’a rarement fait en une saison de 13 épisodes. La beauté esthétique des plans, la finesse des dialogues et du scénario rendent cette série hors-du-commun, hors du lot.

Définitivement la plus belle réussite de cette saison !

The Americans : Bienvenue dans l’Amérique de Reagan, en 1981, dominée par la peur de l’ennemi russe. C’est dans ce contexte que nous découvrons une famille apparemment normale, centrée autour du couple que forment Philip et Elizabeth Jennings, ainsi que leurs deux enfants, Paige et Henry. Ce que tout le monde ignore, Paige et Henry inclus, c’est que le couple Jennings est né d’un mariage forcé entre deux membres du KGB, envoyés par le Kremlin en mission d’insertion dans la société ennemie. Malgré leur fidélité au régime communiste, vivre à l’américaine les fait grandement réfléchir sur leurs opinions et sur leurs priorités. Cela peut sembler bateau, mais l’amour de la nation est-il plus grand que l’attachement à une famille, toute artificielle qu’elle soit ? Ce n’est pas aussi facile que cela puisse paraître, et la série réussit à ne pas tomber dans le pathos habituel.

Les acteurs sont extrêmement convaincants, autant en espions qu’en parents. Leurs petits désagréments permettent d’éviter de tomber dans les péripéties improbables type Mission Impossible. Il ne s’agit ni d’une série historique ni d’une série d’action, mais d’une série  qui se veut avant tout réaliste. Force est de constater que l’exercice est plutôt réussi. La mise en scène de la société des années 80 est tout à fait convaincante, comme le sont les flashbacks sombres, plongée dans l’URSS des années 60. Si la mise en perspective de la double vie est devenue chose commune dans le milieu de la télévision (Dexter, Breaking Bad, Homeland), The Americans apporte un élément nouveau à cet élément : le fait qu’il s’agisse ici d’un couple. Leur relation, la complicité entre les deux vrais-faux amants, est cruciale, et apporte un souffle nouveau aux séries du style. Nous ne sommes donc pas face à une pâle copie de la série aux cinq Golden Globes, même si elle est tout de même loin de révolutionner la télévision américaine : malgré tout, le scénario ne décolle pas forcément comme on pourrait l’espérer, et l’on attend avec hâte cette saison 2 déjà commandée par la chaîne FX pour savoir si, finalement, The Americans va devenir un bijou ou une série quelconque qui tombera dans l’oubli d’ici peu.

2)    LES PREQUELS

Pour certains, il s’agit d’un manque d’imagination de la part des scénaristes. Pour d’autres, c’est un véritable exercice à part. De nos jours, la tentation des préquels est omniprésente au cinéma (la plus récente restant Oz). Et du cinéma au petit-écran, il n’y a qu’un pas. Après la mode des aventures politiques, voici émerger quelques séries qui viennent nous raconter les origines d’histoires que l’on connaît très bien, ayant l’avantage de pouvoir creuser plus profondément les personnages et les intrigues. Focus sur deux prequels de mi-saison qui ont marqué l’année 2012-2013.

Bates Motel : Norman Bates. LE personnage le plus emblématique du cinéma Hitchcockien. Le plot trouve ses origines dans les quelques informations sur la personnalité de Norman que nous procure le livre Psycho de Robert Bloch, celui dont s’est inspiré le maitre du suspense pour son film. Sauf qu’ici, on traite de l’origine du problème, la jeunesse très perturbée du protagoniste. La première scène nous propulse tout de suite dans cette ambiance glauque, par la mort du père. Maman Bates veut alors partir et décide d’acheter un hôtel au milieu de nulle part, qui sera ainsi nommé le « Bates Motel ». La série donne un meilleur aperçu du comportement de Norman, notamment avec la gente féminine. On suit de plus près l’évolution de cette relation si particulière entre Norma, la mère, et Norman. Car c’est bien de là que vient le principal souci de celui-ci. Entre le comportement de cette mère ultra-protectrice, voire castratrice, et leur complicité déjà proche de l’inceste, il est certain que les rapports mère-fils sont perturbants pour l’adolescent déjà mal dans sa peau.

C’est d’ailleurs un des points forts de la série. Elle installe une ambiance lourde, tendue, qui met mal à l’aise chaque fois que les deux personnages sont ensemble. Le « je t’aime maman » n’a jamais autant dérangé. L’interprète de Norman Bates, Freddie Highmore (Arthur dans Arthur et les Minimoys) ressemble étrangement, physiquement mais aussi dans sa manière de jouer, à Anthony Perkins. Il lui donne une dimension plus humaine, par son jeune âge, bien que l’on sente le psychopathe émerger au fur et à mesure des épisodes. Quant à Norma Bates, interprétée par Vera Farminga (Les Infiltrés, Esther), la ressemblance est plus difficile car l’âge est différent. En revanche son jeu, alternant entre jalousie malsaine, folie d’une violence rare et douceur avec son enfant, est on ne peut plus efficace. La série donne donc plus d’informations sur ces personnages si particuliers, permettant une meilleure compréhension de ce monstre antipathique, rapidement devenu une légende du cinéma.

Hannibal : La mythologie autour du personnage d’Hannibal Lecter est on ne peut plus complexe. Si le film le plus connu, Le silence des agneaux, nous montre un Hannibal derrière les barreaux, le livre originel ne se focalise pas sur cet élément dès le départ. Le livre de Thomas Harris, Dragon Rouge, raconte l’enquête du FBI autour des meurtres du personnage éponyme, avec l’aide du psychopathe Hannibal Lecter. Le roman fait un crochet par quelques extraits sur la jeunesse du mythe mais se concentre surtout sur sa relation avec deux des membres du FBI avant son arrestation. La série de NBC en fait de même. Ici, les deux agents du FBI, Will Graham & le Dr Jack Crawford butent sur une enquête difficile, et demandent l’aide du psychiatre Hannibal Lecter, alors inconnu des services de police. Will Graham est un génie à sa façon, mais psychologiquement instable. L’intervention du psychiatre sociopathe va alors changer la donne. Les manipulations et les histoires qui concernent ces deux protagonistes vont vite aboutir à leurs fins.

Le principal intérêt de cette série réside dans son esthétique si particulière. L’ambiance, la lumière, la musique et les plans en général sont d’une beauté rare dans un show de network. Encore plus surprenant, l’exploitation de la violence est, en revanche, très crue, ce qui reste exceptionnel sur une chaîne gratuite. Cela explique peut-être le manque d’adhésion du public à ce petit bijou visuel. L’écriture est sublimement équilibrée, alternant entre les soucis psychologiques de Will, les manigances d’Hannibal et les enquêtes de fond. De plus, la chaîne s’est surpassée pour recruter un casting incroyable : Will Graham est interprété par le dérangé Hugh Dancy (Oh my God !). Jack Crawford est quant à lui joué par Laurence Fishburne (Matrix ; Contagion), très bon comme à son habitude. Mais la plus grosse surprise, et sans laquelle la série serait bien pâle, provient du Dr. Hannibal Lecter, sous les traits d’un grand Mads Mikkelsen (Casino Royale ; La Chasse ; A Royal Affair). Ce dernier livre une prestation calibrée à la perfection. L’impassibilité de son visage, dévoilant un terrible psychopathe, rend le personnage effrayant et presque attachant à la fois. Son sourire, si discret, et son regard, si particulier, semblent cacher la monstruosité que l’on connaît mais qui est encore voilée. En somme, Hannibal présente toutes les qualités pour devenir l’une des meilleures séries du network, si elle ne l’est pas déjà. Malgré des grosses difficultés d’audimat, NBC a décidé de renouveler cette série pour une saison 2.

3)  EPOUVANTE-FANTASTIQUE

Si le genre de l’épouvante et de l’horreur est né en même temps que le cinéma, à quelques années près, il ne débarque sur notre petit écran que depuis peu. Qu’il s’agisse d’horreur pure (American Horror Story) ou de « drame d’épouvante » (The Walking Dead), ces derniers shows s’imposent petit à petit dans les programmes télévisés. Là où certains aboutissent à un échec commercial (666 Parc Avenue ; Do No Harm), d’autres se sont démarqués par leur originalité.

Hemlock Grove : Parfois, certains noms suffisent à rendre une série ou un film incontournable. Si l’on pense bien évidemment à J.J Abrams dans le milieu du petit écran, pour le genre de l’horreur, le nom d’Eli Roth fait bien bonne figure : réalisateur d’Hostel (produit par Tarantino himself), de The Green Inferno (à venir, hommage à Cannibal Holocauste), producteur de nombreux films du genre, mais aussi acteur connu et reconnu (notamment pour son rôle de Donny Donowitz « L’ours juif » dans Inglorious Basterds). Parmi ses derniers projets, une série, qui a enchanté la toile avant même la diffusion de la première bande-annonce. Et cela n’a pas manqué ! Diffusée sur Netflix mi-Avril, Hemlock Grove se situe dans une ville de l’Amérique profonde des plus classiques. Mais des corps sont retrouvés déchiquetés, comme dévorés par un animal sauvage d’une taille considérable. Dans le même temps, deux familles voient leur destin mêlé à ces drames. Le fils de la première est un loup-garou, tandis que les membres de l’autre sont de mystérieuses créatures encore inexplicables. Les aînés décident de trouver le véritable responsable, pour éviter que d’autres victimes apparaissent mais surtout afin d’écourter l’enquête, pouvant directement mener à leur descendance.

Si cela n’est que l’intrigue de base, le monde autour d’Hemlock Grove va bien plus loin, exploitant chaque aspect de chaque histoire et chaque personnage de manière efficace. Eli Roth crée presque sa propre mythologie, très cohérente, en quelques épisodes seulement. Mais le véritable tournant a lieu à la fin de l’épisode 2, lors de la transformation en loup-garou, montrant tout le génie de ce jeune prodige en action. Plutôt que de filmer un corps qui se métamorphose, il prend ici le parti pris d’un corps de loup qui pousse en dessous du corps humain. On assiste alors à une renaissance canine phénoménale, le tout en 3 minutes de pure angoisse, de stupeur mais aussi de surprise, dans une scène déjà culte. Cette dernière ancre véritablement l’horreur au sein de cette série, qui ne fait qu’accroître sa dimension fantastique au fur et à mesure des épisodes. Cependant, l’atmosphère n’est pas stable, mélangeant des scènes sublimes digne du Twin Peaks de Lynch, et lourdeur romantique eau de rose style Twilight… Mais la dynamique si particulière ne peut que pousser à continuer le visionnage de la série, présentant des aspects en même temps novateurs par sa structure (plus proche du grand que du petit écran), son histoire, sa photographie. Même son casting presque entièrement inconnu enchante, à l’exception de Famke Janssen (X-Men ; Taken) qui interprète parfaitement une mère exécrable et détestable. Si Helmock Grove peut paraître inégale sur certains aspects, le fait est que cette série est une réussite complète et vous tiendra en haleine dès le deuxième épisode. L’énorme cliffanger final, et plus largement, le dernier épisode dans son intégralité, ouvrent sur une possibilité de saison 2, qui n’a pas encore été confirmée par Netflix mais que l’on souhaite plus que tout. Malheureusement, le succès n’est pas unanime (cette série a eu du mal à trouver un public aux Etats-Unis, étant présentée comme une série style Vampire Diaries…), et son avenir n’est pas encore certain.

In the Flesh : Parce que fantastique ne rime pas qu’avec épouvante, la BBC Three nous offre un véritable bijou d’originalité, d’émotion voire d’espoir, à travers un thème pourtant bien trop commun : les zombies. Ici, pas d’horreur gore à la The Walking Dead, d’humour potache comme dans Bienvenue à Zombieland ou d’histoire d’amour gnan-gnan style Warm Bodies. In the Flesh touche à des thèmes sociétaux beaucoup plus larges, et les aborde d’une manière si originale et surprenante, que cela en devient presque déconcertant. Lorsque son meilleur ami, soldat en Afghanistan, meurt, Kieren se suicide. Cependant, il revient à la vie comme de nombreux morts de cette période, sous la forme d’un zombie affamé. Mais le gouvernement va trouver un médicament pour contrer les effets de cette maladie. Après une longue réhabilitation de quatre ans, l’Etat décide de réintégrer ces créatures dans la société, non sans se mettre à dos certains habitants. On suit donc le destin de Kieren, qui devra gérer un retour à la “normale” mouvementé, tourmenté entre la solitude, les effets secondaires violents du « remède » et le rejet de la société.

Plus qu’une série de zombies basique, In the Flesh traite de l’intégration, du mal-être de cette jeunesse délaissée, des pressions sociales, voire de l’importance de l’église dans la société, sans jamais tomber dans les clichés habituels. L’esthétique de la série colle donc parfaitement avec cet univers particulièrement sinistre, froid et qui met parfois mal à l’aise. Là où la série aurait pu dévier dans une surdramatisation violente de la situation, l’histoire se dirige de plus doucement vers une sorte de positivisme, renforcée par un humour qui donne de l’espoir, du moins à court terme. La principale critique ne s’adresse donc ni au fond, ni à la forme à proprement parler, mais à la taille de la saison, de 3 épisodes de 55 minutes seulement. Le scénario est tellement intéressant que ces quelques épisodes ouvrent de gigantesque brèches malheureusement inexplorées, empêchant de creuser davantage les personnages secondaires. Si elle méritait probablement trois fois plus d’épisodes, cela n’enlève en rien la saveur inédite de cette série qui vient chambouler tous les acquis sur la notion de mort-vivants, voire sur le fantastique en général. La BBC vient par ailleurs de déclarer que la saison 2 sera disponible à l’été 2014 : il faudra donc s’armer de patience, dans l’espoir d’une saison plus longue que la première.

4)    AUTRES

Jusqu’ici nous nous sommes concentrés sur plusieurs thèmes, mais d’autres séries nous ont marqués cette saison. Retour sur quelques séries dont il faut également parler.

Vikings : Par le créateur de The Tudors, cette série revisite l’épopée d’un des plus grands chefs Vikings de tout les temps, Ragnar Lodbrok, lors de la conquête de l’Ouest. Si la comparaison avec Game of Thrones semble plus qu’inévitable, le show trouve rapidement son propre rythme, devenant au fil de la saison un véritablement divertissement, et non un documentaire (série commandée par la chaîne History), malgré un réalisme frappant. Actuellement diffusé sur Canal +.

The Following : Un psychopathe qui torture en fonction d’Edgar Allan Poe, se fait capturer et s’enfuit à nouveau, avec l’aide d’une énorme secte qui le porte en gourou. Le FBI appelle alors celui qui l’avait arrêté  la première fois, malgré tous les problèmes que cela peut causer. Si le synopsis peut paraître cliché, et qu’il est vrai qu’un sentiment de déjà-vu s’installe durablement lors des premiers épisodes, l’intrigue est en perpétuel renouveau, et les rebondissements sont, en plus d’être excessivement présents et nombreux, d’une puissance rare. La violence et l’atmosphère de la série la rendent particulièrement intrigante. Par ailleurs, un Kevin Bacon désabusé crève l’écran. Pour plus de détails, vous pouvez lire l’article.

Real Humans : Parce que toutes les bonnes séries ne viennent pas que de l’autre côté de l’Atlantique, loin de là ! Les pays scandinaves sont le parfait exemple d’innovation dans le milieu des séries (Borgen, The Killing, etc). Cette série suédoise nous place dans un futur très proche ou les hubots, robots à forme humaine, ont remplacé les humains dans la plupart des tâches les plus dérangeantes. Allant plus loin que de la simple science-fiction, Real Humans ouvre les porte de tout un questionnement moral et sociétal que le sujet provoque : xénophobie, rejet, jalousie. Si cela part d’une sorte de drame social, on bascule très rapidement dans un thriller haletant et très « vivant ». Première saison disponible en DVD, dans l’attente d’une deuxième saison.

Ainsi soient-ils : Le plus gros carton de l’année pour Arte. Relatant l’histoire de cinq jeunes hommes qui décident d’entrer au séminaire à Paris pour devenir prêtres, on suit les destins et les motivations de chacun, dans un récit qui montre le clergé sous un œil neuf. La critique de ce dernier n’a pas le même impact qu’une série comme Borgias. Il ne s’agit pas de critiquer les excès du Vatican, mais, à plus petite échelle, la place omniprésente de l’argent et du pouvoir au sein du clergé, ainsi que l’administration même. Si elle est parfois maladroite et remplie de clichés (le prisonnier qui a trouvé la foi dans sa cellule, le séminariste qui tombe amoureux d’un anticlericaliste), elle dresse un tableau sévère de l’église contemporaine, avec un réalisme impressionnant. Première saison déjà disponible en DVD.

Les Revenants : Dans un village de Savoie, des morts reviennent dans leurs vies d’antan sans réaliser ce qui leur est arrivé, tandis que leurs familles avaient appris à vivre sans eux. La série pose la question que personne ne veut se poser : comment vivriez vous le retour de votre compagne, ou de votre enfant de chez les morts ? La série fascine par son originalité, son atmosphère si particulièrement dérangeante, par la beauté des paysages et la mise en scène quasi-parfaite. Si quelques doutes persistent sur le casting ou la lenteur des événements, cela n’empêche en rien la saveur unique que nous procure Les Revenants. Par ailleurs, la série s’exporte extrêmement bien, notamment en Angleterre et prochainement aux Etats-Unis. Pour plus de détails, rendez vous sur l’article de Sortie d’Usine.

Coma : Une série de deux épisodes d’une heure trente chacun, peut-on appeler cela une série ? Une mini-série ? Un téléfilm en deux parties ? Vu le parti pris, nous considèrerons cette dernière comme une série, et quelle série ! Produite par les frères Scott (Ridley & Tony !) et écrite par le scénariste de Black Swan. L’histoire se déroule dans un hôpital, où un jeune interne décide d’entreprendre quelques travaux étranges, amenant certains patients à sombrer dans un coma profond. Ambiance lourde et dérangeante comme Ridley sait les construire (Alien, le 8ème passager, malgré des similitudes apparentes avec le film Mesures d’Urgences).

On aurait également pu évoquer quelques séries telles que Banshee, Golden Boy, ou encore Orphan Black, qui ont pu présenter de très bons épisodes, mais qui nous moins emballés malgré tout.

A côté de ces succès, certains éléments sont à oublier rapidement, notamment 666 Park AvenueDo No Harm, Cult, Zero Hour ou même Jo (cette création TF1 avec Jean Reno…). The New Normal qui présentait de très bonne qualités, a également été annulée rapidement. Enfin, Revolution, qui nous a plus ou moins enchantés au départ, a déçu au fil de la saison. Alors qu’elle avait des attraits originaux, la série est tombée dans la banalité la plus absolue, n’empêchant pas la NBC de lui offrir une deuxième saison in-extremis.

5)    WHAT’S NEXT ?

Pour finir, les chaînes viennent de diffuser leurs programmations complètes pour la prochaine saison 2013-2014, et certains projets nous charment à l’avance. Que ce soit pour cet été ou à la rentrée, quelques belles perles débarquent. Voici les nouveautés qu’il ne faudra probablement rater sous aucune prétexte :

Under the dome : Basée sur le roman homonyme de Stephen King, qui, par ailleurs, est le producteur exécutif de la série avec de Steven Spielberg. Un matin, une petite ville du Maine se réveille bloquée par un dôme invisible et impénétrable, rendant toute communication avec le monde extérieur impossible. Si certains en profitent pour instaurer une nouvelle autorité dans cette ville en détresse, une rébellion s’organise également pour éviter tout débordement, mais cela semble bien plus complexe que cela n’en à l’air. Audacieux, ce projet est servi par un casting de qualité. Et avec Stephen King aux commandes, on se dit que le résultat ne peut être qu’aussi bon que ses livres : intriguants et émouvants. Le premier épisode le 24 Juin sur CBS, et M6 a déjà acheté la première saison un mois avant la diffusion américaine.

Dracula : Si le filon vampire est bien trop exploité, revenir aux origines du mythe même du Vampirisme semble être un défi un peu trop audacieux. Mais créée par les producteurs de 24 Heures Chrono et Downton Abbey, cette série pourrait apporter un vent nouveau sur la planète fantastique. L’histoire débute lorsque Dracula, interprété par le fantastique Jonathan Rhys Meyers (Match Point ; The Tudors), revient sur Londres à l’époque Victorienne, désireux de se venger de ceux qui l’ont autrefois humilié et chassé. Venu sous prétexte d’apporter la science moderne, il succombera cependant aux charmes d’une femme qui ressemble traits pour traits à sa défunte épouse. NBC nous promet une série diabolique, avec une pointe d’érotisme. A suivre de très près. Prévue pour la rentrée 2013.

Sense8 : Premier projet télé pour les Wachowski, forcément la blogosphère s’emballe. Les créateurs de Matrix et de Cloud Atlas débarqueront en 2014 sur Netflix, avec ce projet qu’eux-mêmes décrivent comme “un récit poignant dans lequel les esprits sont connectés et les âmes chassées”. Connaissant la liberté que Netflix laisse aux créateurs, nous pouvons nous permettre d’espérer allègrement une petite révolution comme les Wachowski savent concocter.

The Bridge : Inspirée de la série scandinave qui connut un franc succès, Bron, celle-ci s’ouvre sur un meurtre qui a lieu entre El Paso et Juarez, donc sur le pont qui fonde la frontière Américano-mexicaine. La police des deux pays va devoir faire équipe pour arrêter l’assassin. Si le plot semble classique, cela reste une création d’une des scénaristes d’Homeland, avec Diane Kruger et Demian Bichir (Savages) dans les rôles principaux. Les premières images montrent une série noire, à l’ambiance plus que dérangeante et qui peut véritablement se démarquer des habituelles séries policières. Dès le 10 Juillet sur FX. À noter que Canal + a commandé son propre remake, Le Tunnel, qui se situerait dans le tunnel sous la Manche.

Les projets à suivre de plus ou moins près : Master of Sex, commandée par Showtime (Dexter, Homeland), qui relate les premières expériences scientifiques sur le sexe ; Scream, tirée du film d’horreur par Mtv ; Agents of S.H.I.E.L.D, inspirée par l’organisation créée au sein de la mythologie Marvel, par ABC ; Les Trois Mousquetaires, par BBC One ; Sleepy Hollow, par la Fox, qui aborde le sujet par une transposition moderne de la légende du cavalier sans tête, où ce dernier fait équipe avec le sheriff d’une petite ville ; The Loftovers, par le scénariste de Lost, sur HBO, inspirée du roman homonyme ; Flemming, sorte de biopic sur le créateur de James Bond, par BBC America, etc.

Enfin, il s’agirait de ne pas omettre certaines autres séries. Si la saison 2012-2013 a été très riche en créations, n’oublions pas que quelques unes d’entre elles sont devenues plus qu’indispensables et ont rendu encore plus accro un certain nombres de sériephiles. Voici les séries dont les nouvelles saisons nourrissent une impatience considérable chez nos rédacteurs:

– La dernière saison de How I Met Your MotherDexterBreaking BadTremeMisfits ainsi que probablement Mad Men et Borgia (bien que la date ne soit toujours pas fixée).

– Mais aussi les nouvelles saisons de Homeland, Games of Thrones, The Walking Dead, Scandal (gros coup de coeur du rédacteur!), Downton Abbey, Sherlock, Sons Of Anarchy, Girls, Boardwalk Empire, Park & Recreations (maintenant que le showrunner initial est de retour !), The Big Bang Theory, Veep, American Horror Story, The Falling Skies, sans parler de toutes ces nouveautés qui nous ont enchantés.

– On regrette enfin certaines séries annulées ou décommandées, telles que The Hour, Fringe, Futurama, 30 Rock, The Office ou encore Spartacus.

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