Présenté dans la sélection Un Certain Regard du dernier Festival de Cannes, le premier long-métrage de Brandon Cronenberg plonge le spectateur dans un univers bien étrange… et pourtant pas si éloigné du nôtre.

antiviralSyd March, travaille pour une clinique qui achète à des célébrités leurs virus afin de les vendre aux fans, toujours en quête d’un lien avec leurs idoles. Ainsi, il vous sera possible de vous faire injecter l’herpès de votre star favorite après avoir dégusté un délicieux steak à base de ses cellules musculaires ! En un mot : délicieux. Mais Syd profite de sa place dans la clinique pour voler – en se perfusant – son employeur et revendre les germes à la contrebande. Jusqu’au jour où il entre en possession du virus qui a tué la grande Hannah Geist ; là, le cauchemar peut commencer.

Avec Antiviral, Brandon Cronenberg ne se contente pas de suivre les traces de son père en réalisant son premier long-métrage ; il marche sans détour dans ses pas, reprenant les thèmes et les obsessions chers à son illustre paternel : la science, la maladie, la contagion, la chair… Mais il réussit cependant un tour de force en se les appropriant. Si la comparaison avec le père est facile et inévitable tant elle saute aux yeux, reprocher à Antiviral de n’être encore qu’une œuvre d’un « fils de » bien chanceux serait une erreur, car on ne peut nier une certaine maîtrise de l’image, où dans un univers aseptisé, la vue du sang et des tissus est d’autant plus dérangeante. Certains reprocheront un scénario saugrenu (ou au contraire l’adoreront) mais portée par une musique angoissante et le jeu irréprochable de l’acteur principal, Caleb Landry Jones (Le Dernier Exorcisme, X-men : le Commencement) je ne demande qu’à aimer Antiviral… Sans parvenir pour autant à oublier certains défauts, et pas des moindres.

ANTIVIRAL_632Bien trop souvent, en voulant traiter de trop d’éléments, Brandon Cronenberg se contente de les survoler. Ainsi, les personnages apparaissent au mieux mystérieux, au pire plats et sans intérêt. L’étrange médecin interprété par Malcolm McDowell, par exemple, est fade au possible malgré les multiples greffes sur son bras…. c’est dire ! Il en va de même pour l’intrigue qui se perd dans un rythme irrégulier : le suspens prend du temps à s’installer et quand finalement il est au rendez-vous, l’histoire s’accélère et laisse le spectateur sur sa faim avec un dénouement sombre et intrigant mais, encore une fois, à peine effleuré. Ce manque d’approfondissement des thèmes abordés, mais surtout de la psychologie des personnages, empêche une montée de l’angoisse. Angoisse qui aurait pourtant pu se trouver au cœur du film. L’aspect satyrique d’une société obsédée par les célébrités est, quant à lui, bien plus présent dans le synopsis et dans le battage promotionnel que dans le film à proprement parler.

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