Fortes du succès incomparable de Homeland, nombreuses sont les chaînes intéressées par les séries dites « politiques ». Présentes depuis toujours sur les ondes américaines et autres, ces dernières se retrouvent renforcées en séries-événements. En cette mi-saison, deux d’entre elles retiennent notre attention : The Americans, et House of Cards.

ITV_buys_US_drama_series_The_AmericansThe Americans : Bienvenue dans l’Amérique de Reagan, en 1981, dominée par la peur de l’ennemi russe. C’est dans ce contexte que nous découvrons une famille apparemment normale, centrée autour du couple formé par Philip et Elizabeth Jennings et de leurs deux enfants, Paige et Henry. Ce que tout le monde ignore, Paige et Henry inclus, c’est que le couple Jennings est né d’un mariage forcé entre deux membres du KGB envoyés par le Kremlin en mission d’insertion dans la société ennemie. Malgré leur fidélité au régime communiste, vivre à l’américaine les fait grandement réfléchir sur leurs opinions et sur leurs priorités. Cela semble bateau, mais l’amour de la nation est-il plus grand que l’attachement à une famille toute artificielle qu’elle soit ? Ce n’est pas aussi facile que cela puisse paraître, et la série ne tombe pas dans le pathos habituel.

Les acteurs sont extrêmement convaincants, autant en espions qu’en parents. Leurs petits désagréments permettent d’éviter de tomber dans les péripéties improbables type Mission Impossible. Il ne s’agit ni d’une série historique ni d’une série d’action, mais une série avant tout réaliste. La mise en scène de la société des années 80 est convaincante, comme le sont les flashbacks sombres dans l’URSS des années 60, nécessaires à l’intrigue. Si la mise en perspective de la double vie est devenue commune dans le milieu de la télévision (Dexter, Breaking Bad, Homeland), The Americans apporte un élément novateur : un couple d’agent double. Leur relation, la complicité entre les deux vrais-faux amants, est cruciale, et apporte un nouveau souffle dans les séries du style. Nous ne sommes pas face à une pâle copie de la série aux cinq Golden Globes, même si cette elle ne révolutionne pas non plus la télévision américaine.

netflix-house-of-cards-global-release-all-13-episodes-february-1st-anti-piracy-0House of Cards : Netflix est une entreprise de location de films sur internet, une sorte de site de streaming légal (car payant), qui nous livre ici sa première production propre. Et quelle production ! House of Cards est le dernier bébé de David Fincher (Seven, Fight Club, Benjamin Button, Social Network) qui réalise même les deux premiers épisodes, mené par Kevin Spacey (Seven, Usual Suspects, American Beauty) qui incarne Francis Underwood. Francis est un membre du Congrès Démocrate qui a permis l’élection du nouveau président, Garett Walker, en échange de la promesse d’un poste de Secrétaire d’Etat. Mais une fois élu, le président change d’avis, déclarant qu’il n’a plus besoin d’Underwood dans son gouvernement. A partir de là, Francis Underwood utilise tous les stratagèmes à sa disposition (corruption, double jeux avec la presse) pour décrédibiliser Walker, voire tenter de devenir le prochain président.

Ambitieux, charismatique et sans scrupules, le personnage de Francis Underwood représente l’homme politique par excellence. Le jeu de Kevin Spacey est incroyable, et colle parfaitement au personnage. Qu’Underwood s’adresse face-caméra au spectateur dans un quasi-« tête-à-tête », pour nous expliquer ce qu’il vit ou ce qu’il ressent, rend cette série beaucoup plus vivante, créant un lien d’affection pour ce monstre politique que rien n’arrête. La preuve en est, cette première scène, qui peut de prime abord sembler sans intérêt  : un chien se fait renverser, Underwood court voir ce qui se passe, nous dit calmement : « There are two kinds of pain. The sort of pain that makes you strong, and useless pain, the sort of pain that’s only suffering».  Puis, il relève la tête vers la caméra, nous fixe  et déclare très solennellement «I have no patience for useless things », avant de tuer le chien. L’art de dresser un portrait. D’autres scènes méritent également qu’on se penche dessus : celle de présentation du plateau politique, génialement mise en scène et dont les dialogues sont forts, agrémentés d’un humour à l’image de Underwood : sérieux mais noir.  Le premier épisode tient ses promesses et seulement deux jours après sa mise en disposition par Netflix, Canal + achetait l’intégralité de la première saison. Netflix, de par sa structure originale, a pris la décision de mettre l’intégralité de la saison en téléchargement direct.

Vous pouvez donc vous ruer sur les treize épisodes de ce petit bijou, ou attendre semaine par semaine ceux de The Americans. Si on avait à choisir parmi les deux, malgré toutes les qualités de la première citée, House of Cards a toutes les cartes en main pour devenir la meilleure série de 2013.

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  • Auxence

    Le sujet de l’article invite à la lecture car ces deux nouvelles séries semblent très excitantes, mais désolé de devoir signaler à quel point l’article est mal écrit… On dirait qu’il n’a pas même été relu avant sa publication, c’est dommage.

  • Ariane Kupferman

    Bonjour, nous vous remercions pour l’intérêt que vous portez à notre publication et attendons avec impatience votre contribution à la fois excitante et bien écrite. Cordialement.