Imaginez un Hannibal Lecteur croisé avec Jigsaw (le monstre dérangé de la série Saw), adepte d’Edgar Allan Poe. Un type peu commode en soi. C’est le psychopathe que Kevin Williamson, le papa de Scream et de The Vampire Diaries entre autres, a créé pour sauver la Fox, qui est en période de chute abyssale d’audimat, dans sa nouvelle série phare “The Following”.

fox_upfronts_2012_following_needledrop_640x360_17666910Cette dernière se concentre autour de la figure d’un agent du FBI désabusé avec un penchant pour l’alcool, Ryan Hardy (Kevin Bacon), et de la traque qu’il dirige pour retrouver  Joe Caroll (James Purefoy). Joe est un mari aimé et aimant, un professeur de littérature spécialiste du romantisme américain, mais aussi un malade qui aime crever les yeux de ses étudiantes admiratrices, en réponse à son auteur fétiche. Ryan Hardy réussira à l’arrêter lors de son 14ème meurtre au prix d’un coup de poignard à la poitrine. Une fois Joe derrière les barreaux et le pacemaker d’Hardy mis en place, le bureau décide de mettre l’agent de côté. Du moins, jusqu’à ce que huit ans plus tard, Joe Carroll réussisse à s’enfuir de sa cellule pour terminer son travail resté inachevé, forçant Hardy à se remettre au travail. Mais l’équipe va vite comprendre qu’en réalité, Caroll n’est plus le seul ennemi, ce dernier ayant réussi à former une horde de groupies entraînée par ses soins, qui « suivent » ses dires pour perpétuer son œuvre mortifère. Un groupe semblable à la « famille » de Charles Manson, prêt à “suivre” le gourou dans tous ses actes.

the_following_a_hBienvenue dans le monde de Williamson. Qu’on l’aime ou non, il a révolutionné à sa façon le cinéma d’horreur avec Scream. Alors après avoir connu quelques échecs commerciaux, quand ce dernier revient aux origines de son art, forcément, le buzz se fait très rapidement. Et si le pitch est tout aussi intéressant qu’intriguant, le pilot tient ses promesses et nous laisse présager un bel avenir, malgré quelques “couacs” assez coriaces. La mise en scène est finement exécutée, l’épisode fourmille de retournements de situations plutôt originaux sans tomber dans les pièges de l’exercice. Le scénario, qui peut sembler bateau sur certains points, laisse quelques petites surprises qui font tout le charme de cet épisode. On y découvre par  ailleurs des personnages complexes, et ce dès les premières minutes. Le duo Kevin Bacon (Footloose, Mystic River) – James Purefoy (Rome, Solomon Kane) fonctionne à merveille, même si certaines scènes tombent très franchement dans le cliché. Mais Joe Carroll reste très convaincant en intellectuel psychopathe tourmenté. Les autres acteurs semblent un peu en retrait, on espère secrètement que cela s’arrangera au fil de la saison et que le pilot a juste permis de présenter correctement les deux acteurs principaux. Pour la forme, les images et autres, tout semble correctement fonctionner. Mais alors d’où vient ce sentiment de doute qui reste, malgré un final intense ?

the-following-kevin-baconC’est un sentiment de déjà-vu persistant qui demeure tout le long de l’épisode (du moins, jusqu’à la dernière scène). “The Following”, c’est en réalité un savant mélange, savant mais mélange malgré tout, de Seven, du Silence des Agneaux et d’Esprits Criminels. Ce n’est donc pas en soi l’originalité qui vous poussera à regarder la série, d’autant plus que la série ne tourne qu’autour d’une seule intrigue pour toute la saison (s’il n’y en a qu’une !) contrairement aux séries de ce genre. Cela aussi nous intrigue fortement. Comment les scénaristes vont-ils faire pour perdurer le suspense autour d’une seule enquête  ? On a donc très naturellement peur pour l’avenir. On imagine d’ici les rebondissements possibles et imaginables, et l’on aimerait que la série évite de tomber dans la facilité du genre. Enfin, il se passe malgré tout beaucoup de choses en l’espace d’un épisode. Beaucoup de révélations, beaucoup d’actions, de réactions. Si la série continue à avoir autant de retournements, on risque vite de tomber dans un rythme insoutenable, abrutissant voire lassant. Et si la série ralentit, la déception sera difficilement évitable. C’est donc perplexe, très satisfait en somme mais perplexe, qu’on ressort après la diffusion de ce premier épisode. Il faut cependant relativiser : le pilot ayant pour but de nous présenter les personnages et de nous lancer dans l’atmosphère de la série, l’exercice est amplement réussi, alors ne faisons pas les difficiles et attendons le deuxième épisode qui sera diffusé ce lundi pour savoir ce que “The Following” a dans le ventre. (disponible sur TF1VOD pour 1,99€)

Soyez social, partagez !

Prenez le temps de lire aussi...