Après avoir exploré beaucoup de genres, du film de gangster au film de guerre en passant par le film de samouraï, Tarantino s’amuse aujourd’hui à jouer au cowboys, en nous offrant un western complètement déjanté. Et pour jouer aux cowboys, Tarantino n’hésite pas à faire appel à sa bonne vieille bande de potes (Christoph Waltz, Samuel L. Jackson) ainsi  qu’à des petits nouveaux dans l’équipe (Jamie Foxx, Leonardo DiCaprio), pour notre plus grand plaisir…

django-unchained-2Plus on est de fous, plus on rit, comme on dit ! Ce film ne déroge pas à la règle : on sent bien que Tarantino et  l’équipe s’éclatent, et ils transmettent le plaisir qu’ils ont eu à faire ce film au spectateur. Mettez des personnages déjantés, ajoutez une pointe de dialogues cultes, versez une bonne dose d’humour noir et vous obtenez 2h45 de pur divertissement. Du bon vieux Tarantino, quoi !

Toutefois, on regrette justement que Tarantino se contente de faire du « bon vieux » Tarantino : vous ne trouverez pas ici une quelconque innovation par rapport à ce qu’a fait le cinéaste jusqu’à Death Proof. La réalisation est bourrée de gimmick, les règles du western spaghetti y sont sagement reprises, et Tarantino ne nous offre ici qu’un hommage (à sa manière, évidemment) aux films qu’il aime, au mieux du « cinéma de cinéphile ». On regrette cela surtout après Inglourious Basterds, où Tarantino, l’incorrigible adolescent cinéphile, devenait un cinéaste adulte et indépendant, où il faisait une vraie proposition de cinéma, et où il semblait (enfin) trouver sa voie. Ici, pas de mise en scène personnelle, pas de situations oppressantes, pas de propos artistique ou de profondeur particulière : juste du fun, du fun et du fun.

christoph-waltz-jamie-foxx-django-unchainedCela étant dit, il y avait longtemps qu’on ne s’était pas autant « éclaté » en regardant un film, qui n’est certainement pas dénué de tout fond ou portée artistique. En effet, Tarantino nous rappelle ici comment toute situation, même la plus dramatique, peut être ridicule, comme il a toujours su le faire. D’ailleurs, placer un esclave noir au cœur de son film n’est pas anodin : il souligne ici, entre autres par le rire, à quel point ce sujet (l’esclavagisme) est encore tabou dans le cinéma américain, et en particulier dans les westerns (dans lesquels on ne voit quasiment jamais de noirs).

Néanmoins, ce message passe au second plan (si ce n’est au 153ème plan) par rapport à l’objectif premier de ce film : s’éclater. Et pour nous divertir, Tarantino se déchaîne, et déballe ici toutes les cartes qu’il a en main ; et ça marche ! On ne s’ennuie pas une seconde (quelques scènes n’étaient clairement pas indispensables), et cela grâce à des acteurs au sommet de leur forme : nous soulignerons en particulier les interprétations de Christoph Waltz, qui nous fournit encore ici un numéro d’acteur irrésistible, et de Samuel L. Jackson, qui incarne un personnage aussi déjanté qu’une marionnette du Muppet Show.

DjangoUnchained4En bref, c’est du très bon Tarantino, mais ne vous attendez à une œuvre profonde et puissante comme son dernier film : on y va pour la détente, et on en sort repu. Pour ma part, j’espère qu’il ne s’agit que d’une pause pour Tarantino, et qu’il saura nous fournir une œuvre plus mûre la prochaine fois.

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