Pour les fêtes, Eric Besnard nous a concocté un ballotin garni, non pas de chocolats, mais d’acteurs bien connus, pour nous offrir… une comédie sur fond social à la française. Si l’affiche du film vous fait penser à la clairière de Blanche-Neige et les Sept Nains, vous ne serez pas déçus par le jeu de Gérard Jugnot et Josiane Balasko, « qui s’aiment et qui s’engueulent depuis quarante ans ! » au coeur d’une magnifique maison de campagne et d’un jardin typique de grands-parents à la main verte. Mais avant de rentrer dans le détail de la vie de ces grimés en Pépé-Mémé, quelle trame pour ce film ?

mes_heros_port-folioMes Héros s’ouvre sur une scène pour le moins héroïque : pouvez-vous imaginer un face à face où Balasko s’opposerait à une armoire à glace ? Et encore mieux, pouvez-vous imaginer qui en sortirait vainqueur ? Bref, le fait est que Josiane se retrouve en garde à vue. Les policiers sonnent alors l’alarme chez son fils Clovis Cornillac. A la tête d’une compagnie d’ambulances, celui-ci se précipite depuis Paris dans un de ses véhicules pour voler au secours de sa mère à Bordeaux. Mais Josiane refuse de retourner chez elle ! Pardi, croyez-vous qu’elle soit venue à Bordeaux pour la beauté des pierres ? Josiane a de la poigne, et nous le fait vivement – voire violemment ? – sentir. Au point qu’on a parfois envie de leur mettre des claques, à son caractère de cochon et à elle. Josiane ne repartira pas de Bordeaux avant d’avoir embarqué Timoko. Timo quoi ? demande Clovis. Et avant qu’il ait eu le temps de la raisonner, les voilà partis pour le Nord, avec un passager de plus dans l’ambulance. Ben quoi, ce gosse, sa maman est sans papiers, elle a été arrêtée, lui, il a été caché par une famille, et tu sais bien que tout finit par se savoir dans les quartiers bien comme il faut ! Alors on le prend, on le cache plus loin, voilà. Ça va pas durer, bien sûr, mais fallait bien faire quelque chose, quoi !

Si le geste de Josiane nous attendrit, sa manie de commander son fils, de le réprimander, et de l’épier devient vite envahissante. Que ce soit pour nous, ou pour Clovis. Mais Clovis (Maxime, dans le film) a d’autres choses à penser que les frasques de sa mère. Ses ambulances vont mal, les factures pleuvent, et ses problèmes de couple ne sont que la cerise sur le gâteau cramé qu’est sa vie. Alors la lubie de sa mère, c’est l’occasion pour lui de se ressourcer, ou du moins de prendre de la distance avec Paris. La santé de son père ? Cela fait partie de ses multiples angoisses. Josiane, elle, affecte de n’en avoir cure. Elle se décarcasse pour qu’il mette son chapeau quand il sort, mais il n’en fait qu’à sa tête, alors à quoi bon ? Elle continue pourtant à lui crier après. Au fond, elle l’aime bien, son Jacques. Même, elle l’aime tout court. Et Gérard Jugnot se prête bien au jeu. C’est un brave homme, dont la camaraderie avec Pierre Richard (Jean, dans le film) lui confère finalement les traits d’un adolescent qui se cache pour faire des bêtises, sur fond des appels de Josiane : « Jaaaaaaacques ? Jaaaaaacques ! »

mes-heros-photo-50740314cd7a1Loin d’être un film engagé – la thématique de l’expulsion de l’enfant innocent à empêcher est vue et revue – Mes Héros cristallise une tranche de vie, pleine d’étincelles de caractères, de rires de tous âges, et de cueillettes de champignons. Si les plans fins et bien équilibrés du film vous apaisent, si ses couleurs chaudes vous enveloppent et laissent à votre oeil une saveur de barbapapa, ne vous attendez pas à un scénario parfaitement ciselé. C’est beaucoup plus simple que cela. En réalité, tous les ingrédients réunis en font un film sur l’amour. L’amour dans un couple de jeunes, dans un couple de vieux, pour un petit garçon perdu, pour de vieilles personnes touchantes, ou pour quelqu’un qui vous a blessé. La chaleur des relations humaines est ce qui tient un monde, et c’est donc ce qui doit être ravivé en permanence, comme un feu au coin de la cheminée. Mais la braise peut vite devenir de la cendre froide. Comment maintenir un équilibre entre ses convictions et la réalité ? « Tu crois qu’on avait quelque chose à t’apprendre, nous ? » demande Josiane à Clovis. Ils ont fait comme tout le monde. Ils l’ont aimé, et il a découvert le monde tout seul.

Finalement, en cette période de fêtes, vous regardez Mes Héros comme vous dégustez un chocolat au praliné. C’est facile, c’est agréable, c’est réconfortant… mais c’est vite avalé.

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A propos de l'auteur

Clara Duchalet
Rédactrice