La fin de l’année approche et l’heure est aux bilans : nombre de films vus, nombre de films que l’on a aimés, nombre de déceptions, nombre de films qu’on a vus et aimés puis revus et détestés (ou l’inverse). C’est le moment de faire le point ; les rédacteurs de Sortie d’Usine vous proposent donc leurs extrêmes de 2012, les tops et les flops.

Top : Wrong de Quentin Dupieux. Soyons honnêtes : il y a eu de très bons films cette année et Wrong n’est sûrement pas le meilleur. Mais il y a, dans ce troisième film de Quentin Dupieux, une promesse de liberté artistique et la preuve réjouissante qu’il peut exister une certaine cohérence dans quelque chose d’a priori absurde ou surréaliste. En un mot : Wrong c’est l’histoire d’un homme qui a perdu son chien. Parfois poétique, souvent déjanté, le film rappelle avec humour que le réel n’est que le produit d’une représentation et que le cinéma a ce pouvoir de proposer une autre conception du monde. On sent une vraie jubilation à faire du cinéma chez celui qu’on appelle le « David Lynch de la comédie », et qui signe là un film existentiel, son ovni le plus libre.

Flop : To Rome With Love de Woody Allen. Soyons honnêtes : il y a eu de très mauvais films cette année et To Rome With Love n’est sans doute pas le pire. Mais là où Midnight in Paris mariait élégamment légèreté et profondeur, réel et irréel, optimisme et pessimisme (c’est un film assez tragique finalement), ce dernier film patine et s’enferme parfois dans une légèreté assez cosmétique. Peut-être est-ce la forme de ce film (quatre fables) qui ne permet pas à l’auteur d’approfondir ses très bonnes idées (celle de l’opéra notamment). Et si Ellen Page et Jesse Eisenberg insufflent une vraie fraîcheur au film, Roberto Benigni fait du Benigni et peut vite être lourdingue. Cette escale romaine est donc un film mineur dans la filmographie de Woody Allen, une virgule dans la richesse de sa créativité.

DVD : Holy Motors de Leos Carax. A mettre au pied du sapin, pour la beauté du geste ! Un souffle d’art, de poésie et de liberté – en un mot de cinéma – qui ne fera de mal à personne pour Noël !

Attente 2013 : The Canyons de Paul Schrader, écrit par Bret Easton Ellis. Ce film pourrait bien être une bombe dans l’histoire du cinéma indépendant américain, mais pas forcément pour les bonnes raisons… Réalisé par le scénariste de Taxi Driver, The Canyons est un véritable bras d’honneur à Hollywood, et semble être à la hauteur de la provocation de son scénariste en mettant en scène un acteur porno aux côtés de Lindsay Lohan. Schrader et Ellis comptent financer ce film entre autres par des appels au mécénat sur les réseaux sociaux, ce qui pourrait bouleverser le cycle de production. Une question fondamentale reste en suspens : faute de moyens, le film pourrait n’être distribué qu’en DVD ou VOD, ce qui éloignerait encore davantage le cinéma indépendant des salles de cinéma, le ghettoïsant un peu plus !

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