Alors que la saison 2 s’est terminée il y a quelques mois aux Etats-Unis, tenant en haleine plus d’un million et demi de fans, la série Falling Skies débarque enfin dans nos salons avec une première saison en coffret dvd. Si vous avez aimé La Guerre des Mondes (version Spielberg) et que vous adorez les univers apocalyptiques où les humains sont décimés par dizaines de milliers (The Walking Dead, Battlestar Galactica, V), vous serrez servis. Mais bien qu’excessivement prometteur, ne vous réjouissez pas trop vite pour autant. Si elle semble tout avoir pour devenir une série culte pour les adeptes du genre, certains défauts sont tellement flagrants que malgré le progrès scénaristique observable au fil des saisons, on ne peut s’empêcher de les remarquer et de s’exaspérer. Faisons un bref récapitulatif des ingrédients de ce dernier blockbuster du petit écran.

Recette d’un succès télé de nos jours version TNT :

– UN CASTING ACCROCHEUR: Pour la réalisation, choisissez un nom qui impressionnera toute la sériesphère, comme Steven Spielberg. Pour le casting, prenez une vedette du petit écran en leader charismatique (ici Noah Wyle, qu’on avait connu sous des jours meilleurs en Dr. Carter dans Urgences). Pour le reste, vous pouvez choisir des simples inconnus, mais dans ce cas, pimenter le casting par quelques guests de temps en temps ne sera jamais de refus.

UN STYLE TYPE POST APOCALYPTIQUE FUTURISTE : Comme vous l’avez probablement constaté, les séries appelées post-apocalyptiques ont véritablement le vent en poupe. Vous savez, ce genre de show qui nous montre un monde délaissé par des humains désemparés face à une menace qu’ils ne peuvent combattre par eux mêmes. Que cette dernière soit une vague de zombies (The Walking Dead) ou une coupure générale d’électricité (Revolution). De ce fait, utiliser ce registre est à la fois synonyme de succès, mais aussi synonyme de casse-tête pour les scénaristes, qui doivent tout mettre en œuvre pour ne pas tomber dans le déjà-vu.

L’ELEMENT PRINCIPAL DE LA DESTRUCTION DE L’HUMANITE : Vu que les zombies, les vampires, les loup-garou et autres créatures semblent être omniprésent dans notre paysage télévisuel, essayer quelque choses d’encore peu utilisé dans ce renouveau du style, par exemple, des envahisseurs extraterrestres. Peu importe la raison de leur venue ou leurs but. Faites les juste un peu repoussant, comme ceux de District 9 par exemple.

LE SCENARIO A PROPREMENT PARLER : Un monde qui tombe en ruine, des extra-terrestres… Hum ?! Choisissez le pitch le plus simple possible : « Des extra-terrestres ont attaqué la Terre dans le but de la dominer, et ont massacré tous les humains. Sauf certains groupes qui réussissent à résister face à l’envahisseur. Parmi ces groupes, un s’en sort mieux que les autres. Nous suivons les aventures de ces hommes et ces femmes, 6 mois après l’invasion. » Voilà.

POUR CE QUI EST DU RESTE : Agrémentez le tout de scènes de combat, de relations entre personnages principaux complexes, de moments attendrissants voire tristes. Ménagez le suspens au maximum. Bref, les éléments indispensables à une série digne de ce nom.

La recette ne semble pas bien compliquée. Mais pourtant, il semblerait que TNT ait totalement raté son soufflé. La série présente malheureusement beaucoup de mauvais points, qui peuvent vraiment vous dérouter voire vous décourager. A commencer par cette sensation perpétuelle de déjà-vu qui ne partira pas le long de la première saison. On ne cesse de penser à la Guerre des Mondes, du même réalisateur, à Battlestar Galactica voire à The Walking Dead. Quoi qu’il en soit, aux premiers abords, on ne voit pas du tout les nouveautés, ni même l’intérêt de cette dernière venue. Certaines scènes sont d’une lenteur assommante, rendant difficile le simple exercice de rester éveillé devant son écran. De plus – et c’est le point qui m’a personnellement donné envie d’abdiquer au bout de seulement trois épisodes – il y a, dès le pilot, une overdose de bons sentiments. Entre les relations houleuses pères-fils, les discours de motivation envers les civils répétitivement similaires et les répliques ultra prévisibles type « Si vous saviez que votre fils était en vie, le laisseriez vous avec ces monstres ? », on atteint un niveau de saturation à une vitesse fulgurante. Qu’ils soient patriotiques ou moralisateurs, le seul effet que cela provoque est une sévère envie de gifler le personnage. Enfin, les symboles cachés sont bien trop lourds. L’abandon de Dieu, et ceux qui continuent de croire en sa bénédiction. L’espoir en l’humanité d’être solidaire face à un ennemi commun. Voire l’image de l’américain contre l’envahisseur, métaphore cachée du post-11 septembre, voilée derrière des allusions à la guerre de sécession. Tom Mason (Noah Wyle) étant professeur d’histoire, ce dernier ressasse des anecdotes historiques dans chaque situation, voyant la rébellion des humains contre les extra-terrestres comme la réplique du soulèvement des américains contre les colons anglais. Point de vue bien entendu très discutable !

Mais force est de constater que la série présente malgré tout des qualités indéniables. Déjà, le fait qu’ici, on ne s’intéresse pas à l’invasion en elle même, mais bien uniquement à ses conséquences, est un point de vue peu abordé dans les séries de science-fiction. Comment vit-on six mois après l’invasion ? Comment survit-on ? Mais aussi les explications sur les formations de gouvernement de résistants, les tentatives de soulèvements, la collaboration. D’autres parts, en dehors de toutes les considérations précédemment explicités, on s’attache facilement aux héros, qui évoluent très rapidement. Les scénaristes ont fait le choix de préférer les personnages aux effets spéciaux. Pour cela, ils n’hésitent pas à créer des relations entre les protagonistes, parfois même saugrenue, ou à en sacrifier certains, pourtant d’importance cruciale à l’histoire. Et ça, c’est véritablement agréable. L’autre point fort de la série, c’est d’avoir réussi à trouver de nombreux petits détails novateurs qui font toute la différence. Je pense notamment au harnais : les envahisseurs cherche à récupérer tous les enfants, pour leurs placer un harnais le long de la colonne vertébrale qui fera par la suite partie entière de leurs anatomies. Ce harnais permet un contrôle parfait des enfants, devenant ainsi des esclaves. Mais au fur et à mesure des épisodes, sans vouloir vous spoiler, on découvre une nouvelle face de ce harnais, et de fait, des aliens, les rendant ainsi beaucoup plus intrigants. De même, la hiérarchie au sein de la société extra-terrestre montre aussi un certain aspect vraiment novateur dans le milieu.

Comprenez bien que je faisais partie des plus sceptiques d’entre vous au premiers abord de cette série. Mais si la première saison est lente, peu originale avec un trop plein de bons sentiments et de mélodrames, elle pose au moins les bases d’une histoire à laquelle on finit par s’attacher, et le finale se termine d’une des meilleures façons possibles. Et pour le coup, la saison 2 nous montre beaucoup plus d’action, moins de lenteurs. L’univers est enfin plus sombre, plus proche de ce que devait être la série depuis le départ. Les personnages ont évolués, et les enjeux deviennent de plus en plus grands. Au final, on devient accro très rapidement car les multiples rebondissements sont vraiment très bien trouvés. Au bout du compte, il se pourrait que Falling Skies trouve sa place en tant que nouvelle série culte du genre. En tout cas, moi, j’adhère !

Saison 1 disponible en DVD chez Warner Bros, ou sur NT1
Saison 2 bientôt disponible en DVD, et déjà disponible sur les chaînes Orange
Saison 3, à venir en Juin 2013 sur TNT

Soyez social, partagez !

Prenez le temps de lire aussi...