Il était une fois un petit garçon solitaire qui cherchait un ami même imaginaire. Noël lui apporta un ours en peluche, compagnon de jeux idéal, mais avec ce défaut propre aux jouets d’être muet. Combien de fois avons-nous souhaité que nos doudous, poupées, soldats… partagent avec nous les mystères abrités sous leur regard innocent ? John Bennett en rêvait si fort qu’une bonne fée déguisée offrit alors à Ted (Teddy pour les intimes) une voix et les multiples horizons du langage.Vous savez cette technique que les hommes manient avec tant de subtilité qu’ils arrivent parfois à composer des histoires qui nous laissent un sourire forcé et peiné. Ted ne maîtrise pas juste cette technique, il en fait sa muse. Sa répartie n’a d’égale que sa lourdeur.

Vingt ans plus tard, sur un air de Toy Story (ton ami c’est moi), John et Teddy sont toujours ensembles et enchaînent joints, bières et séries télés. Mais Lori, la copine de John depuis quatre ans, ne peut plus supporter de partager sa vie avec un homme et son ours en peluche. Surtout les nuits orageuses où Teddy vient au moment le plus opportun chanter une berceuse dans leur lit pour éloigner le tonnerre. Il est temps de grandir.

Comédie romantique, aux accents mélodramatiques, Ted est une surenchère de blagues lourdes, typiquement américaines qui raviront les plus machistes d’entre nous. En revanche, tout a déjà été joué mais reste mal joué et surjoué. Le scénario est brodé avec des fils si épais qu’à contrecœur nous le laissons se dérouler. Quant aux dialogues, soit ils tournent en rond autour des tentatives de rabibochage entre John et Lori (mais je te jure que je peux changer mon amour !) soit ils sont présents à des moments où le silence aurait été plus expressif.

Mais je crois qu’à histoire irréaliste, on doit accepter de quitter nos principes et notre rigidité pour entrer dans cet univers de mâles américains (ou d’ours en peluche américain si vous préférez). Il faut arrêter de se tirer les cheveux devant le jeu si pauvre des acteurs et oublier notre folle envie d’assommer Ted qui pourrait être le point noir de notre propre couple.

Car dernière attache au monde de l’enfance, il fait vivre John avec ses modèles du passé comme Sam Jones de Flash Gordon sans aucun regard pour le présent et surtout l’avenir. Mais voilà, même son héros favori a vieilli et ce qui ressemblait à une belle bêtise n’est plus qu’une mauvaise blague, vulgaire et ridicule. Vous connaissez ce moment embarrassant où vos parents essayent de s’habiller et de parler jeune devant vos amis ? C’est avec le même regard gêné qu’on regarde John ignorer la réalité et Ted l’encourager. A vouloir créer des êtres décalés, Ted n’est qu’une œuvre d’une réelle banalité.

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