Meilleure série dramatique, meilleure actrice dans une série dramatique (Claire Danes), meilleur acteur dans une série dramatique (Damian Lewis) : Homeland a fait l’unanimité. Déjà couronnée au Golden Globes (meilleure série et meilleure actrice de drame pour Claire Danes), elle vient de coiffer Downton Abbey et Breaking Bad au poteau lors des derniers Emmy Awards.

Côté synopsis, on se plonge dans l’Amérique post-11 septembre, obsessionnelle-compulsive, et au top de sa paranoïa. Brody (Damian Lewis), marine américain, rentre au pays en héros après des années retenu en otage par Al-Quaida. Il devient immédiatement la hantise de Carrie Mathison (Claire Danes) – agent de la CIA aux tendances bipolaires – qui le soupçonne d’avoir rejoint l’ennemi durant sa captivité. Elle observe ses moindres faits et gestes, trouvant l’interprétation de sa supposée trahison dans chaque détail.

Plusieurs angles d’attaque : la CIA perturbée et inquiétante, le soldat pas très net, la famille de ce dernier qui n’a pas attendu son retour – ça nous change des téléfilms du mercredi après-midi. L’Amérique n’est pas montrée sous son plus bel aspect, mais sous le plus réel. Une image nette, concrète, autour de personnages qu’on peine à cerner. Mais l’ambiguité intervient ponctuellement : des flashbacks violents pour le soldat commencent à nous faire douter, les systèmes de surveillance placés chez lui floutent cette image à première vue si sereine. La caméra tremblante, poussiéreuse, et la bande-son nous angoissent, notamment lorsque les images de guerre se mêlent au cours de la vie du sergent Brody.

On peut enfin oublier le déroulement manichéen de 24H et cet arriviste de Jack Bauer ; la nouveauté va plus loin. C’en est (presque) fini des clichés sur l’héroïsme des soldats fiers de leur patrie, on comprend vite que le point central de la série n’est ni le terrorisme, ni le patriotisme américain, mais sa paranoïa. Les troubles mentaux des deux personnages principaux transforment ce qu’on aurait tendance à désigner par « série dramatique » en véritable thriller psychologique. Deux épisodes à la suite vous empêchent de dormir, trois, et vous envisagez de mettre vos voisins sur écoute.

Si vous n’êtes pas tenté, les trente premières minutes du pilot suffiront à vous convaincre. Qui plus est, c’est la série préférée de Barack Obama, vous faut-il une autre raison ?

Homeland, créée par Alex Gansa, Gideon Raff, Howard Gordon.

Saison 2 prochainement sur Showtime
Saison 1 en ce moment sur Canal +

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