Premier jour d’automne, quoi de plus excitant que la perspective d’un bon film dans la chaleur réconfortante d’une salle obscure pendant que le Déluge inonde Paris ? Rien à première vue … Oui mais voilà, le hic c’est que j’ai dit « bon film »,  et là pour le coup, on a vu mieux. Cherchez Hortense de Pascal Bonitzer, son sixième long-métrage, n’est sans doute pas le plus réussi.

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Le film se laisse pourtant désirer grâce à un synopsis plus qu’alléchant : un prof de civilisation chinoise, un père conseiller d’Etat mais peu conciliant et une bourgeoise volage. Mais rien n’y fait. On reste alors clairement abasourdi par la soupe de bons sentiments qui suinte gentiment (toujours…) des tentatives répétées de Damien/Bacri, de sauver Zorica/Carré, l’immigrée serbe. A croire que le CGMPC (Comité Germanopratin de la Mièvrerie Politiquement Correcte of course) s’est réuni pour nous offrir toute la majesté de son autosatisfaction post-Guéant/Hortefeux/Besson… Après, c’est dans l’air du temps et tout et tout, mais on cherche encore la prise de risque dans cette comédie fade, faussement mélancolique où les apparences et faux-semblants, si originaux (rires) tombent devant la « force de l’inéluctable destin qui nous pèse » (respiration puis rires encore). On sort déçu d’avoir été plus écrasé encore par la grisaille verbeuse de nantis en pleine crise que par la pluie de septembre – qu’on est presque soulagé de retrouver. Pascal Bonitzer, finalement assez peu (re)connu pour ses films confirme là des tendances aussi maussades que les méandres administratifs que l’œuvre laisse à explorer.

Mais, dans l’ADN boboïsant du film se cachent quelques gènes à garder : Bacri, bouée salvatrice d’un film à la dérive, Claude Rich passe aussi, pas Scott Thomas, vue et revue dans le rôle de reine des glaces frigide et insatisfaite… Henri Hortense, enfin, pour le seul relief dont le film peut revendiquer l’existence. Figure du pouvoir d’en haut, il s’amuse presque des turpitudes hasardeuses de personnages décidemment trop tragiques, même pour une comédie/film d’auteur à la française. Un deus ex machina un peu fainéant en somme.

Enfin, si le titre nous intime (« s’il vous plaît » eût été apprécié) l’ordre de retrouver Hortense, disons qu’après une heure et demi de recherche, je me suis perdu devant les Démagos, pardon les Deux Magots pour débattre du dernier Beigbeder. Un serveur m’interpelle, « un peu plus de miel dans votre thé fumé ? ». Non merci, j’ai eu ma dose !

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