La très respectée revue de cinéma Positif a soixante ans ! Pour son anniversaire, elle s’offre un alléchant cycle de projections au Forum des Images. Voilà que je me retrouve à choisir cinq films parmi cette programmation : “Cool !” je me dis, “allons voir ça de plus près, je vais pouvoir étaler ma culture cinématographique à la face de Sciences pistes ahuris.” Je dois vous avouer que parmi les cinq films que je connais, trois sont bien trop populaires (Brazil de Terry Gilliam, 2001 : L’Odyssée de l’Espace de Kubrick et Le Voyage de Chihiro de Miyazaki) pour être conseillés – ils attireront sans trop de peine le public. Penaude, je vous présente donc cette sélection-ci : il y a des films que je n’ai jamais vus, mais que j’irai certainement voir ; et tant qu’à faire, j’espère que vous serez dans la salle avec moi.

Loulou de Maurice Pialat : Il faut voir et revoir les films de Pialat. Il faut revoir leur violence sourde et surprenante, leur mélancolie, leur charnalité, pour employer un mot désuet. Car les films de Pialat sont des voyages dans la chair crue, la douleur, l’instant, des films que l’on oublie pas. Et, bonus, cet immense directeur d’acteurs a su faire cracher à chacun de ses interprètes le meilleur de lui-même. Je n’ai pas vu Loulou. J’ai hâte de le voir. Et d’en sortir essoufflée mais contente, comme toujours avec Pialat. (Séance le 22 septembre à 19h)


Mulholland Drive de David Lynch : Pour ceux qui ne l’ont pas déjà vu, courez-y ! Errance labyrinthique dans un univers entre le rêve, le cauchemar et le fantasme érotique, c’est sans doute un des meilleurs films de David Lynch : il reste visionnable tout en circulant dans un univers totalement fou. Les personnages passent comme des fantômes. Le temps passe sans logique, cyclique, fragmentaire, il vagabonde comme les personnages — et comme le spectateur. Il ne reste plus qu’à se laisser glisser dans un état entre l’hypnose et le malaise. (Séance le 22 septembre à 21h)


Le Charme Discret de la Bourgeoisie de Buñuel : De bons acteurs, de l’absurde, la voix grave de Delphine Seyrig, de l’absurde, de la satire sociale, de l’absurde, du sexe, de l’absurde, et en plus on se marre bien. C’est fin, intelligent, et plastiquement très beau — et totalement absurde. Que demande le peuple? (Séance le 29 septembre à 14h30 et en présence de Jean-Claude Carrière, scénariste du film)


Les Poings Dans Les Poches de Marco Bellocchio : Comme toujours, et très arbitrairement, je me fonde sur ma vague connaissance du réalisateur. J’ai un bon souvenir du très spécial Vincere sur l’histoire de la première femme de Mussolini, film qui m’avait marquée par son esthétisme, mais aussi sa profonde empathie. Ici, toujours un synopsis manifestement sombre, autour de l’enfermement et de la folie. En perspective, de belles images, et un film dérangeant. (Séance le 25 septembre à 14h30)

Cléo de 5 à 7 d’Agnès Varda : Un bel itinéraire à la Varda qui s’annonce, avec une contrainte oulipienne — la durée réelle du film coïncide avec la durée de l’épisode raconté— et une sensibilité documentaire. Le noir et blanc a l’air superbe. Quant à l’histoire, une errance, une attente, de la tristesse, des rencontres, et la compréhension. Le tout avec la rue qui grouille et palpite autour, les passants passant, les voitures roulant. Une vie, des vies, la vie. C’est sûr que ça promet. (Séance le 20 septembre à 19h en présence de la réalisatrice – immanquable, donc !)

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