L’édito, cet exercice périlleux auquel je suis tenue de me coller. D’ailleurs, je me demande souvent si l’angoisse de la page blanche trouve son équivalent au cinéma – une peur de l’écran noir, peut-être. Et tout comme il est difficile d’apposer un mot sur une feuille, il faut une bonne dose de courage (de culot ?) pour aller planter sa caméra devant une usine, de mettre en marche l’appareillage, de filmer, quarante-cinq secondes durant, les ouvriers sortant des locaux.

Quarante-cinq secondes, c’est donc le temps qu’il a fallu aux Lumière pour donner le coup d’envoi du septième art. Certes, la prouesse technique démontre bien qu’il ne s’agit pas uniquement d’un cadeau du ciel – mais presque. Le résultat est là, cocktail savant, alchimie parfaite entre préméditation et spontanéité.

D’accord, et nous dans tout ça? On ne promet ni la lune, ni l’invention technologique et artistique du siècle, mais la révolution à toute petite échelle, elle aura lieu. Sortie d’Usine, c’est un oeil pointu et décalé sur le cinéma, relevé d’une touche d’irrévérence, une équipe certifiée cent pour cent critique et cent pour cent bons plans.

Voilà qui est fait, l’écran n’est plus tout à fait vide ni tout à fait blanc ; la boucle est bouclée, mais rassurez-vous, on n’en reste pas là.

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A propos de l'auteur

Ariane Kupferman
Rédactrice en chef

Rédac-chef sous caféine - recherche sous-titres désespérément à Tel Aviv.